Comment faciliter son accès à l’emploi grâce à la formation ?

# Comment faciliter son accès à l’emploi grâce à la formation ?

Dans un marché du travail en perpétuelle mutation, la formation professionnelle s’impose comme le levier stratégique pour sécuriser son parcours et améliorer son employabilité. Avec près de 61% des salariés en emploi qualifié ayant suivi une formation entre 2014 et 2019, contre seulement 44% des ouvriers non qualifiés, les inégalités d’accès restent criantes. Pourtant, les dispositifs de financement et d’accompagnement n’ont jamais été aussi nombreux et accessibles. Entre le Compte Personnel de Formation, les certifications RNCP et les métiers en tension qui recrutent massivement, comprendre comment articuler formation et recherche d’emploi devient indispensable. Cette dynamique nécessite une approche méthodique : identifier ses lacunes, mobiliser les bons financements, cibler les secteurs porteurs et valoriser efficacement ses acquis auprès des recruteurs.

Diagnostic de compétences et bilan professionnel : identifier ses lacunes sur le marché du travail

Avant d’entreprendre toute démarche de formation, une phase d’introspection professionnelle s’avère incontournable. Cette étape permet de dresser un inventaire précis de vos compétences actuelles et de les confronter aux exigences concrètes du marché. Sans cette analyse préalable, vous risquez d’investir temps et argent dans des formations inadaptées à vos objectifs ou déconnectées des réalités économiques. Le diagnostic de compétences constitue la pierre angulaire d’un projet de reconversion ou d’évolution professionnelle réussi.

Méthode des bilans de compétences CIBC et france travail

Le bilan de compétences représente un accompagnement structuré sur 24 heures en moyenne, réparti sur plusieurs semaines. Les Centres Interinstitutionnels de Bilans de Compétences (CIBC) et France Travail proposent cette prestation qui se déroule en trois phases distinctes. La phase préliminaire permet d’analyser vos besoins et de confirmer votre engagement. La phase d’investigation identifie vos compétences transférables, vos motivations profondes et les pistes professionnelles envisageables. Enfin, la phase de conclusion formalise un projet professionnel cohérent avec un plan d’action détaillé. Ce dispositif, finançable via le CPF ou par France Travail selon votre statut, offre un cadre sécurisant pour opérer une transition professionnelle réfléchie.

Cartographie des hard skills et soft skills recherchés par secteur

Chaque secteur d’activité valorise une combinaison spécifique de compétences techniques et comportementales. Dans le numérique, la maîtrise de langages de programmation comme Python ou JavaScript constitue un hard skill essentiel, tandis que l’adaptabilité et la capacité d’apprentissage continu représentent des soft skills déterminants. Le secteur du soin privilégie l’empathie, la résistance au stress et les compétences relationnelles, associées à des connaissances médicales précises. Cette cartographie sectorielle évolue rapidement : selon les données 2024, 65% des métiers connaîtront des transformations significatives d’ici 2027, notamment sous l’effet de l’intelligence artificielle et de la transition écologique.

Analyse des référentiels métiers ROME et fiches emploi-compétences

Le Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois (ROME) constitue une ressource incontournable pour décrypter les exigences précises de plus de 500 fiches métiers. Chaque fiche détaille les compétences de

compétence, les activités principales, les conditions d’exercice et les perspectives d’évolution. En croisant votre expérience avec ces référentiels, vous pouvez repérer précisément les compétences manquantes ou à renforcer pour viser un poste donné. Cette analyse fine vous aide aussi à ajuster votre vocabulaire sur le CV et en entretien, en parlant le même langage que les recruteurs. France Travail et les missions locales utilisent massivement le ROME pour positionner les candidats, ce qui en fait un outil stratégique pour aligner votre projet de formation avec les besoins réels du marché.

Outils d’auto-évaluation : test MBTI, assessment digital et portfolios de compétences

En complément des entretiens avec un conseiller, les outils d’auto-évaluation constituent un bon point de départ pour mieux vous connaître. Les tests de personnalité de type MBTI ou Big Five, les questionnaires d’intérêts professionnels (RIASEC) ou encore les assessments digitaux proposés par certains jobboards vous permettent de mieux cerner vos modes de fonctionnement, vos sources de motivation et vos environnements de travail favoris. Ces résultats ne doivent pas être pris comme des verdicts, mais comme des supports de réflexion pour affiner votre projet.

Les portfolios de compétences jouent également un rôle clé pour faciliter l’accès à l’emploi grâce à la formation. Il s’agit de collecter et structurer, dans un même espace, vos réalisations, projets, preuves de compétences (rapports, présentations, code, réalisations visuelles, attestations, recommandations…). En documentant progressivement vos acquis, vous visualisez ce que vous savez déjà faire et ce qu’il vous manque pour atteindre votre objectif professionnel. Ce portfolio devient ensuite un véritable argumentaire auprès des recruteurs, notamment dans les métiers du numérique, du design ou de la communication.

Dispositifs de financement formation : CPF, transition pro et aides régionales

Une fois vos besoins de montée en compétences identifiés, la question du financement de la formation se pose très vite. C’est souvent à ce moment que certains renoncent, faute d’informations claires sur les dispositifs existants. Pourtant, entre le Compte Personnel de Formation, les dispositifs Transition Pro, les aides régionales ou encore les plans de développement des compétences en entreprise, il existe de nombreuses solutions pour limiter, voire annuler, le reste à charge. L’enjeu est de comprendre quel dispositif activer selon votre statut : demandeur d’emploi, salarié, intérimaire, travailleur handicapé ou jeune en insertion.

Compte personnel de formation : démarches mon compte formation et montants éligibles

Le Compte Personnel de Formation (CPF) est aujourd’hui l’outil central pour financer une formation en France. Alimenté automatiquement en euros (jusqu’à 500 € par an pour un salarié à temps plein, 800 € pour un salarié peu qualifié, dans la limite d’un plafond), il vous suit tout au long de votre vie professionnelle, quel que soit votre statut. Pour le mobiliser, vous devez créer votre espace sur la plateforme officielle Mon Compte Formation, consulter les formations éligibles et vous inscrire en ligne. Aucune autorisation de l’employeur n’est nécessaire si la formation se déroule hors temps de travail.

La clé pour optimiser son CPF est de cibler des formations certifiantes ou qualifiantes, idéalement enregistrées au RNCP ou au Répertoire Spécifique. Vous pouvez également bénéficier d’abondements complémentaires : employeur, OPCO, France Travail, Région… Dans certains cas, un cofinancement permet de couvrir 100 % du coût pédagogique. Si vous êtes demandeur d’emploi, un échange préalable avec votre conseiller France Travail est fortement recommandé pour vérifier la cohérence de la formation avec votre projet d’accès à l’emploi et solliciter des aides complémentaires (rémunération de formation, frais associés, etc.).

Projet de transition professionnelle via les associations transitions pro

Pour les salariés qui envisagent une reconversion en profondeur, le Projet de Transition Professionnelle (PTP, ex-CIF) constitue un dispositif clé. Géré par les Associations Transitions Pro en région, il permet de financer une formation certifiante en lien avec un nouveau métier, en conservant une rémunération pendant la durée de la formation. Concrètement, vous montez un dossier justifiant votre projet (diagnostic de compétences, études de marché, perspectives d’emploi) et le soumettez à l’organisme régional, qui l’instruit selon des critères précis : cohérence, pertinence du parcours, débouchés.

Le PTP est particulièrement adapté si vous souhaitez quitter un secteur en difficulté pour rejoindre un métier en tension : aide-soignant, développeur web, technicien de maintenance, etc. L’un des points de vigilance majeurs réside dans le calendrier : il faut anticiper plusieurs mois à l’avance, échanger avec votre employeur pour organiser votre absence, et préparer un dossier solide. Se faire accompagner par un conseiller en évolution professionnelle (CEP) ou un organisme spécialisé augmente nettement les chances d’acceptation.

Plan de développement des compétences en entreprise et abondements OPCO

Si vous êtes déjà en poste, l’une des voies les plus efficaces pour améliorer votre employabilité via la formation passe par votre employeur. Le Plan de Développement des Compétences (PDC) regroupe les actions de formation décidées et financées par l’entreprise, en lien avec sa stratégie et ses besoins. Vous pouvez solliciter votre manager ou le service RH pour exprimer vos souhaits de montée en compétences, par exemple lors de l’entretien professionnel obligatoire tous les deux ans. C’est l’occasion de discuter de formations techniques, mais aussi de formations transversales (management, communication, numérique…).

Les dispositifs opérés par les OPCO (opérateurs de compétences) permettent de cofinancer ces actions, notamment dans les TPE-PME qui disposent de moyens plus limités. Certaines branches professionnelles mettent en place des parcours structurés vers les métiers en tension, avec des certifications à la clé. N’hésitez pas à demander quel est votre OPCO et quelles sont les formations prioritaires dans votre secteur : c’est souvent un levier sous-exploité pour sécuriser votre trajectoire professionnelle sans supporter de coût personnel.

Aides régionales : chèque formation, pass cléa et dispositifs conseil régional

Les Conseils régionaux jouent un rôle central dans le financement de la formation des demandeurs d’emploi et des jeunes. Selon votre région, vous pouvez bénéficier de chèques formation, de dispositifs type Pass emploi ou Pass Cléa, ou encore de parcours qualifiants entièrement pris en charge pour les métiers en tension. Le référentiel Cléa, par exemple, permet de valider les compétences de base (lire, écrire, compter, compétences numériques) indispensables pour accéder ensuite à une formation métier plus spécialisée.

Pour repérer ces aides, vous pouvez consulter le site de votre Conseil régional, échanger avec votre conseiller France Travail ou mission locale, ou encore utiliser les catalogues en ligne comme « Trouver ma formation ». Les formations financées par les Régions sont souvent assorties d’aides à la rémunération ou de prises en charge de frais (transport, hébergement, restauration), ce qui facilite l’entrée en formation pour les publics les plus éloignés de l’emploi. Là encore, le diagnostic initial de vos besoins reste la boussole pour sélectionner le bon dispositif.

Certifications professionnelles et titres RNCP : garantir la reconnaissance des acquis

Se former, c’est bien ; obtenir une certification reconnue sur le marché du travail, c’est encore mieux. Dans un contexte où l’offre de formation explose, les recruteurs s’appuient de plus en plus sur les titres RNCP, les certifications du Répertoire Spécifique ou les labels qualité pour évaluer la valeur d’un parcours. Choisir une formation certifiante, c’est augmenter vos chances d’employabilité en rendant vos compétences lisibles, comparables et vérifiables. C’est aussi un critère déterminant pour mobiliser certains financements publics ou paritaires.

Différence entre certification qualiopi, titres RNCP et certifications RS

Il est facile de se perdre dans le jargon de la formation professionnelle : Qualiopi, RNCP, RS, blocs de compétences… Pourtant, ces notions ont un impact direct sur votre accès à l’emploi grâce à la formation. La certification Qualiopi concerne les organismes de formation : elle atteste qu’ils respectent un certain niveau de qualité dans leurs processus (accueil, ingénierie pédagogique, évaluation, amélioration continue). Elle ne dit rien, en revanche, du niveau de la certification que vous obtenez.

Les titres RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) correspondent à des diplômes ou titres à finalité professionnelle, avec un niveau reconnu (du niveau 3 au niveau 8, du CAP au bac+5/6). Ils sont particulièrement recherchés par les recruteurs et pris en compte dans les conventions collectives. Les certifications RS (Répertoire Spécifique), quant à elles, valident des compétences plus ciblées : langues, bureautique, management, compétences numériques, etc. En pratique, viser un titre RNCP pour changer de métier et compléter avec des certifications RS pour se spécialiser ou se mettre à jour constitue une stratégie efficace.

VAE : validation des acquis de l’expérience comme alternative à la formation classique

La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) permet d’obtenir tout ou partie d’un diplôme ou d’un titre RNCP sur la base de votre expérience professionnelle, sans nécessairement repasser par une formation longue. Si vous avez au moins un an d’expérience en rapport direct avec le diplôme visé, vous pouvez déposer un dossier, être accompagné par un organisme habilité, puis passer devant un jury qui évaluera vos compétences au regard du référentiel. Pour beaucoup de salariés expérimentés, la VAE est un formidable levier pour sécuriser leur parcours, négocier une évolution ou faciliter une reconversion.

Dans les faits, la VAE demande un investissement important en temps et en énergie : collecte de preuves, rédaction du livret, préparation de l’entretien avec le jury. Mais elle peut être financée (CPF, employeur, France Travail) et aménagée pour les publics en reconversion ou en situation de handicap. Elle peut également être combinée à un parcours de formation complémentaire pour valider les blocs de compétences manquants. Si vous avez exercé longtemps un métier sans diplôme formel, vous poser la question de la VAE est souvent une étape stratégique.

Badges numériques et micro-certifications : LinkedIn learning, OpenClassrooms, france compétences

À côté des diplômes « lourds », on voit émerger depuis quelques années les micro-certifications et les badges numériques. Proposés par des plateformes comme LinkedIn Learning, OpenClassrooms, ou intégrés à des dispositifs reconnus par France Compétences, ces formats courts attestent d’acquis ciblés : gestion de projet agile, initiation à Python, communication interculturelle, cybersécurité de base… Ils sont particulièrement adaptés pour se mettre rapidement à niveau sur une compétence précise ou tester un domaine avant de s’engager dans une formation longue.

Pour maximiser leur impact sur votre employabilité, l’idéal est de les intégrer à une stratégie globale : par exemple, combiner un titre RNCP de développeur web avec des micro-certifications en UX/UI, en cybersécurité ou en cloud, visibles sur votre profil LinkedIn. Ces badges, lorsqu’ils sont émis par des organismes reconnus, constituent des signaux positifs pour les recruteurs, surtout dans les secteurs en tension où la capacité d’apprentissage continu est scrutée de près. Ils alimentent également votre portfolio de compétences et témoignent de votre proactivité.

Formations métiers en tension : cibler les secteurs à fort potentiel d’embauche

Pour faciliter concrètement son accès à l’emploi grâce à la formation, il est stratégique de se tourner vers les métiers en tension, c’est-à-dire les métiers pour lesquels les employeurs peinent à recruter. Selon les dernières enquêtes Besoins en Main-d’Œuvre, les secteurs du numérique, du soin, du BTP, de la logistique ou encore de l’hôtellerie-restauration figurent régulièrement parmi les plus concernés. Se former dans ces domaines, lorsqu’ils font sens pour vous, augmente nettement vos chances de retrouver un emploi rapidement après la formation.

Métiers du numérique : bootcamps développeur web, formation data analyst et cybersécurité

Les métiers du numérique connaissent une croissance continue, avec des milliers de postes non pourvus chaque année. Les bootcamps de développeur web, par exemple, proposent des formations intensives de quelques mois pour acquérir les fondamentaux (HTML, CSS, JavaScript, frameworks) et réaliser des projets concrets. Ils sont souvent accessibles sans prérequis de diplôme, à condition de montrer une forte motivation et une capacité à apprendre rapidement. Pour les profils plus analytiques, les formations de data analyst ou de data scientist ouvrent des perspectives variées dans tous les secteurs.

La cybersécurité fait aussi partie des domaines les plus recherchés, portés par la montée des risques numériques. Des parcours dédiés (technicien cybersécurité, analyste SOC, administrateur sécurité) sont proposés en alternance, en formation continue ou via des dispositifs pour demandeurs d’emploi. Dans tous les cas, l’immersion en entreprise (stages, alternance, projets réels) et la constitution d’un portfolio (GitHub, challenges de type CTF, contributions open source) sont des facteurs décisifs pour décrocher un premier poste.

Reconversion dans les métiers du soin : aide-soignant, infirmier et accompagnant éducatif

Le secteur de la santé et du médico-social connaît lui aussi une forte tension, accentuée par le vieillissement de la population et les besoins en soins de longue durée. Les formations d’aide-soignant, d’infirmier, d’accompagnant éducatif et social (AES) ou de moniteur-éducateur offrent de réelles opportunités de reconversion pour les adultes en quête de sens. Elles combinent généralement des enseignements théoriques en institut de formation et de nombreux stages en milieu professionnel, ce qui facilite l’insertion à l’issue du cursus.

Ces parcours demandent toutefois une réflexion approfondie : travail en horaires décalés, charge émotionnelle, contraintes physiques… D’où l’intérêt de réaliser en amont des immersions en milieu professionnel (PMSMP, « Immersion Facilitée » via France Travail), de rencontrer des professionnels et d’échanger avec les structures de formation. Pour les personnes en situation de handicap ou ayant des contraintes spécifiques, un accompagnement par Cap emploi et la MDPH peut permettre de prévoir des aménagements et de sécuriser le projet.

Secteur BTP et industrie : habilitations CACES, soudure et maintenance industrielle

Le BTP, l’industrie et la logistique figurent parmi les principaux viviers d’emplois, y compris pour les personnes peu ou pas diplômées. Des habilitations ciblées comme les CACES (conduite d’engins), les habilitations électriques ou les certifications en soudure constituent des passeports vers l’emploi, souvent finançables par les Régions, les OPCO ou France Travail. Ces formations sont généralement courtes, très opérationnelles et adossées à des besoins immédiats des entreprises.

La maintenance industrielle, quant à elle, combine des compétences mécaniques, électriques et parfois numériques (GMAO, automatismes). C’est un domaine où la demande de techniciens est forte et durable. De nombreux parcours en alternance ou en reconversion (titres professionnels, BTS en formation continue) permettent d’y accéder. Là encore, une démarche de diagnostic initial, une immersion en entreprise et une discussion avec les organismes de formation vous aideront à vérifier l’adéquation entre vos aptitudes, vos contraintes et les réalités du métier.

Stratégie de montée en compétences : allier formation et recherche d’emploi active

Se former ne signifie pas mettre sa recherche d’emploi entre parenthèses. Au contraire, une stratégie efficace consiste à combiner montée en compétences et démarche active vers les recruteurs. Comment ? En construisant un fil rouge qui relie votre projet, votre formation et vos actions de prospection : participation à des événements, activation du réseau, candidatures ciblées vers des entreprises qui recrutent sur votre futur métier. Cette approche évite l’effet « trou dans le CV » et montre que vous restez acteur de votre parcours.

Alternance et contrats de professionnalisation pour une insertion immédiate

Les formations en alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation) constituent l’un des meilleurs leviers pour faciliter son accès à l’emploi grâce à la formation. Elles permettent de combiner périodes en centre de formation et travail en entreprise, avec un statut de salarié et une rémunération. Pour un demandeur d’emploi adulte, le contrat de professionnalisation est particulièrement adapté, y compris dans le cadre d’une reconversion vers un métier en tension (numérique, industrie, commerce, logistique…).

En pratique, la recherche d’une entreprise d’accueil peut prendre du temps et nécessite une démarche structurée : CV adapté, prospection directe, mobilisation du réseau, appui de France Travail, des missions locales ou de l’Apec pour les cadres. L’avantage est double : vous acquérez une expérience récente, directement valorisable, et vous augmentez fortement vos chances d’embauche à l’issue du contrat, l’entreprise ayant déjà investi dans votre montée en compétences.

AFEST : action de formation en situation de travail comme levier d’employabilité

L’AFEST (Action de Formation En Situation de Travail) est une modalité encore méconnue mais très prometteuse pour développer ses compétences directement sur le poste de travail. Concrètement, il s’agit de séquences d’apprentissage formalisées, alternant mises en situation réelles et temps de prise de recul avec un formateur ou un tuteur. L’AFEST est particulièrement pertinente pour les salariés peu qualifiés ou en situation d’illettrisme ou d’illectronisme, car elle part du réel, du concret, et s’appuie sur les gestes professionnels du quotidien.

Pour l’employeur, l’AFEST permet d’accompagner les évolutions de poste, l’introduction de nouvelles technologies ou les reconversions internes. Pour vous, c’est l’occasion de faire reconnaître et renforcer vos compétences, tout en restant en activité. Bien conduite, une AFEST peut déboucher sur une certification (bloc de compétences, Cléa, titre professionnel) et donc sécuriser votre employabilité. N’hésitez pas à en parler à votre manager ou à votre service RH si votre poste évolue ou si vous avez besoin d’un accompagnement renforcé.

Réseautage professionnel post-formation : clubs alumni, associations métiers et événements sectoriels

Une fois votre formation engagée ou terminée, le travail ne s’arrête pas là : il est essentiel de capitaliser sur votre nouveau réseau. Beaucoup d’organismes de formation disposent de clubs alumni, de communautés en ligne ou de partenariats avec des entreprises. Participer à ces réseaux, assister aux événements (jobdating, salons, meetups, conférences) et rester en contact avec vos formateurs et camarades de promotion peut faire la différence au moment de décrocher un poste.

Les associations professionnelles et syndicats de branche organisent également des rencontres sectorielles, souvent ouvertes aux personnes en reconversion. C’est l’occasion de prendre la température du marché, de découvrir des opportunités cachées et de faire connaître votre projet. Pensez aussi au mentorat : être accompagné par un professionnel expérimenté de votre futur métier peut accélérer votre insertion et vous éviter certains écueils. De nombreux programmes de mentorat existent, portés par des associations, des entreprises ou des plateformes nationales.

Valorisation des formations sur les outils de recrutement digitaux

Investir dans une formation n’a de sens que si vous savez la valoriser auprès des recruteurs. À l’heure où la majorité des recrutements passent par des outils digitaux (ATS, réseaux sociaux professionnels, jobboards spécialisés), votre présence en ligne devient un prolongement naturel de votre CV. L’objectif est de rendre visibles vos nouvelles compétences, vos certifications et vos réalisations, en utilisant les bons mots-clés et les bons supports selon votre secteur.

Optimisation du profil LinkedIn : mots-clés sectoriels et mise en avant des certifications

LinkedIn s’est imposé comme la vitrine professionnelle incontournable, y compris pour les demandeurs d’emploi en reconversion. Pour optimiser votre profil, commencez par clarifier votre titre : au lieu de vous définir uniquement par votre ancien métier, indiquez le métier visé et, si possible, la formation en cours ou obtenue (par exemple : « Développeur web junior – certifié RNCP – en recherche d’opportunités »). Le résumé doit raconter de manière synthétique votre projet, vos forces et le lien entre votre parcours passé et votre nouvelle cible.

Les mots-clés sectoriels sont essentiels : ils permettent aux recruteurs de vous trouver lorsqu’ils utilisent la recherche avancée. Inspirez-vous des offres d’emploi et des fiches ROME pour identifier ces termes (compétences techniques, outils, méthodologies). Ajoutez vos formations et certifications dans les sections dédiées, en précisant le niveau (RNCP, RS, Cléa, etc.). Enfin, partagez régulièrement du contenu en lien avec votre domaine : veille métier, retours d’expérience, projets réalisés pendant la formation. Cela montre votre engagement et votre capacité à vous projeter dans votre nouveau rôle.

CV vidéo et portfolios en ligne : GitHub pour développeurs, behance pour créatifs

Dans certains secteurs, un CV classique ne suffit plus à démontrer votre valeur. Les CV vidéo, les portfolios en ligne et les plateformes spécialisées deviennent alors des outils puissants pour illustrer concrètement vos compétences. Un CV vidéo, bien préparé, permet de mettre en avant vos qualités relationnelles, votre aisance orale et votre motivation. Il doit rester court (1 à 2 minutes), structuré, et venir en complément d’un CV écrit, non en remplacement.

Pour les métiers techniques ou créatifs, le portfolio est incontournable : GitHub pour les développeurs, Behance ou Dribbble pour les designers, sites personnels pour les freelances, chaînes YouTube ou podcasts pour les créateurs de contenu. Vous pouvez y intégrer vos projets de formation, vos réalisations personnelles ou bénévoles, vos contributions open source. L’idée est de donner à voir, au-delà des diplômes, ce que vous savez faire concrètement. Lors de vos candidatures, n’oubliez pas de mentionner ces liens dans votre CV et votre signature mail.

Jobboards spécialisés : welcome to the jungle, APEC et plateformes sectorielles

Enfin, pour transformer votre investissement en formation en opportunités d’emploi réelles, il est judicieux de vous inscrire sur des jobboards spécialisés. Welcome to the Jungle, par exemple, met en avant la culture d’entreprise et propose de nombreuses offres dans le numérique, le marketing, le produit ou les fonctions support. L’APEC, de son côté, s’adresse en priorité aux cadres et aux jeunes diplômés du supérieur, avec des services d’accompagnement individualisés et des offres ciblées.

Selon votre métier, d’autres plateformes sectorielles peuvent être pertinentes : sites dédiés à la santé, à l’industrie, au BTP, à l’ESS, ou encore aux métiers de la transition écologique. Multiplier les canaux ne signifie pas se disperser : mieux vaut sélectionner quelques plateformes en cohérence avec votre projet, soigner vos profils et adapter vos candidatures. En croisant ces outils avec l’appui des conseillers emploi (France Travail, missions locales, Cap emploi, Apec) et de votre réseau, vous maximisez l’impact de votre formation sur votre retour à l’emploi.

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